les céréaliers

Témoignage de Jean-Louis Poulon, céréalier à Vers Pont du Gard

JL_POULON

Comment on obtient le blé ?

Selon les années, nous sommes entre 15 et 20 producteurs et produisons  environ 170 tonnes de blé tendre bio destiné à la production du pain bio local Raspaillou. Depuis juillet 2010, nous sommes regroupés au sein de l’association Bio Céréa’Gard. Le blé utilisé pour la farine Raspaillou est un blé issu de l’agriculture biologique. Nous n’avons pas le droit d’utiliser de produits chimiques comme les pesticides, les engrais chimiques etc… À la place, nous utilisons des variétés résistantes aux maladies, désherbons mécaniquement et apportons du fumier ou des engrais d’origine organique et naturelle. C’est donc une agriculture respectueuse de l’environnement. À cause de ces contraintes, l’agriculture bio nous demande plus de travail. Le bio c’est donc plus d’emplois. Ajoutez à cela des rendements plus faibles, cela explique le coût plus élevé du bio.

 

Quel intérêt pour les producteurs ?

Avant le Raspaillou, nous avions des difficultés à vendre notre blé. Il partait en alimentation animale à un prix très faible. Pour le Raspaillou, le prix du blé a été fixé à un montant supérieur au cours du blé bio français. Pour certains d’entre nous, la vente du blé représente jusqu’à 30% de leur revenus annuels, c’est dire l’importance de la filière. Ce qui est important, c’est la contractualisation réalisée avec la filière. Le prix a été fixé il y a 5 ans et n’a pas bougé depuis. Cela nous donne une bonne visibilité pour l’avenir. Grâce à ce chiffre d’affaire garanti, nous réfléchissons à un investissement dans un silo de stockage, ce qui nous permettra de commercialiser les autres cultures pour lesquelles nous avons encore des problèmes, lentille, pois chiche etc. Sans le Raspaillou, ce projet serait impossible.